Ouverture
 

... dans l'ordre de la vie, il convient d'apprendre à saisir les phénomènes qui adviennent, chaque fois singuliers, lorsque ceux-ci se révèlent être dans le sens de la Voie, c'est-à-dire de la vie ouverte. Outre mes réflexions, le travail que je dois effectuer consiste plutôt à creuser en moi la capacité à la réceptivité. Seule une posture d'accueil- être "le ravin du monde", selon Laozi - et non de conquête, nous permettra, j'en suis persuadé, de recueillir, de la vie ouverte, la part du vrai.

(François Cheng Cinq Méditations sur la beauté, 2006, p.22)

Né à Lyon, et après quelques voyages, j’ai commencé à travailler comme animateur de formation dans l’éducation permanente. La découverte de la formation comme mouvement de prise de conscience de ses propres expériences m’a  donné le goût de relier la pratique et la recherche. Depuis 2001 je suis professeur à l’université du Québec à Rimouski. 

D'instant en instant, tout sort du rien. Ceci est la vraie joie de la vie. (…) D'instant en instant nous devons trouver notre propre voie.

(Shunryu Suzuki, Esprit zen esprit neuf)

« L'état créateur n'existe qu'en la connaissance de soi. La plupart d'entre nous en sont privés : nous sommes des machines à répétition, des disques de gramophone, de sempiternelles chansons enregistrées par nos expériences, nos souvenirs ou ceux des autres. (...) En celui-ci le moi est absent, l'esprit n'est plus centré sur ses expériences, ses ambitions, ses poursuites, ses désirs. L'état créatif est discontinu ; il est neuf d'instant en instant ; c'est un mouvement en lequel le "moi", le "mien" n'est pas là, en lequel la pensée n'est pas fixée sur un but à atteindre, une réussite, un mobile, une ambition.

Mais cet état ne peut pas être conçu ou imaginé, formulé ou copié ; on ne peut l'atteindre par aucun système, aucune philosophie, aucune une discipline, au contraire, il ne naît que par la compréhension du processus total de nous-mêmes. »

(Krishnamurti, La première et dernière liberté, 1955, p. 52)

Or il arrive aussi que le charme soit lui-même instant ; l’entrevision de ce charme est alors une captation de l’instant dans l’instant ; c’est la minute enchantée où le regard croise le regard, où s’effile pour notre entrevision le je-ne-sais-quoi le plus fin, le plus ponctuel et le plus fugitif. (p113)

Notre intuition de ce je-ne-sais-quoi est assurément discontinue, mais les occasions s’en renouvellent à tout instant au cours d’une continuation dont nous restons contemporains (… ) L’instant, lui, ne veut pas l’attente quiétiste, mais la tension aiguë et l’attention lucide. (p.122)

C’est assez dire que notre attitude par rapport à l’occasion sera toute de vigilance et toute surveillante.

(Vladimir Jankélévitch «Le je-ne -sais-quoi et le presque-rien» T.1)

Il n’est rien de si précieux que le temps de notre vie, cette matinée infinitésimale, cette fine pointe imperceptible dans le firmament de l’éternité, ce minuscule printemps qui ne sera qu’une fois et puis jamais plus. (...) Tout à l’heure, il sera trop tard, car cette heure-là ne dure qu’un instant. Le vent se lève, c’est maintenant ou jamais. Ne perdez pas votre chance unique dans toute l’éternité, ne manquez pas votre unique matinée de printemps.

(Jankélévitch, «Le je-ne-sais-quoi» , p.147)

étincelles...